Des lumières de l’enfance à l’éternel retour

8 juillet 2012 12 h 59 min 0 comments Views: 87

Nous n’avons plus l’habitude de penser ou de faire les choses que nous entreprenons en tenant compte de la présence des enfants. 

Du coup nous sommes pris à un double piège, celui de nous prendre pour des adultes, et celui d’y prétendre, soit, nous éloigner de l’enfance. De se prendre pour un adulte a le désavantage de prendre au sérieux toutes nos entreprises, sans nuance ni respiration. De nous éloigner de l’enfance c’est perdre ce qui dans notre activité contient le germe de notre espèce humaine. Il y a dans l’enfance une clarté avec laquelle nous devons travailler. Aujourd’hui ce sont eux qui tiennent nos lumières. Je ne nie pas que nous ayons grandi, mais alors que cette grandeur soit plus vaste que l’enfance ! Ou bien devrons-nous nous résigner à éteindre avec l’âge, les feux qui ont brûlé croyant voir dans l’âge adulte une lumière qui n’y était pas ?

Très souvent j’entends parler de ce qui a été perdu, de ce vers quoi il s’agirait de revenir, de ce sur quoi il faudrait faire retour.

Peut-être disposons-nous d’une intuition intérieure qui s’exprime dans ces témoignages. La question ne serait pas tant de revenir à un état que nous n’avons plus, mais plutôt de parvenir à un état que nous n’avons jamais possédé. Nous possédons un sentiment précieux, celui d’une juste cause. Il nous suffit de faire grandir ce sentiment dans notre expérience de la vie, il deviendra le tuteur référent. Mais pourquoi revenons-nous toujours à un avant de notre expérience ? Parce que ce sentiment est une étape dans notre processus de pensée et d’actions. Peut-être suffit-il simplement de nous y arrêter un moment pour s’y familiariser ? Ensuite il nous accompagnera tout naturellement à chaque instant de l’existence ?


(1) photographie de Zélia - « Lumière de l’enfance » – Fête de la lumière – Lyon, 2011.

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